13/07/2007

Avignon fait son Festival

Superflyer


Bonjour,

Je ne pouvais pas passer à coté de cet, je cite l'un des journalistes de 13h de France 2, "évènement international", étant moi même complètement immergée au coeur de celui-ci.

Un peu d'histoire pour commencer. En 1947, Jean Vilar décide, à la suite d'une discussion avec son ami et poète, René Char, de créer une Semaine d'Art au cours de laquelle de multiples représentations théâtrales se déroulent dans 3 lieux prestigieux de la ville: la cour d'honneur du Palais des Papes, le théâtre municipal et le verger Urbain V.

Depuis, 60 années sont passées, et j'ai été l'un des témoins des 15 dernières. Alors évidemment à 10 ans, je ne voyais pas le Festival comme je le vois aujourd'hui, mais, de l'intérieur, je ne suis pas persuadée que le regard que je porte soit le même que celui qui "en entend parler", ou même que celui qui vient (de plus ou moins loin) expressément pour assister à cette manifestation. C'est d'ailleurs là que je veux en venir, comment percevez-vous ce Festival, de l'extérieur ?

Personnellement, je trouve qu'Avignon est une ville très belle, ne serait-ce que par ses monuments que personne n'ignore aujourd'hui, le Palais des Papes, extrêmement imposant, le Pont St Bénézet, légèrement tronqué, et les Remparts, qui même s'ils enquiquinent les automobilistes, sont quand même la frontière psychologique des avignonais. Oui, à Avignon, il y a l'intra-muros et l'extra-muros et croyez moi, ce sont deux mondes complètement différents, sachant que le "muros" en question est très exactement représenté par les "muros" historiques, à savoir donc, les remparts.

Et ça, pendant le Festival, on le ressent encore plus. Tout se passe intra-muros, et les compagnies qui n'ont pas eu la chance de trouver une salle à l'intérieur, ont énormément de mal à attirer les foules en dehors. Attirer les foules. C'est le maître mot des compagnies du OFF. Parce qu'il faut que je vous explique ça d'abord avant de vous parler de Superflyer (le bonhomme de l'illustration là, en haut).

Le Festival d'Avignon, comme Avignon elle-même, est séparé en 2: le IN et le OFF. Le IN, c'est la partie Jean-Vilardienne du Festival, le mini-festival organisé par des administrateurs payés pour ce boulot et en lien étroit avec la ville et les institutions locales. Depuis quelques années (après l'annulation du Festival il y a 4 ans suite aux manifestations à propos conditions de rémunération des intermittents du spectacle), ce sont deux administrateurs qui s'occupent du Festival au lieu d'un, Hortense Archambault et Vincent Baudriller, et qui ont décidé d'un artiste associé différent chaque année. C'est autour de cet artiste associé qu'est programmé le IN. Le IN qui se déroule donc dans les lieux prestigieux de la ville, et surtout, dans la cour d'honneur du Palais des Papes.

Seulement à ce Festival INitial est venu se greffer le OFF, qui représente environ 700 spectacles d'une multitude de compagnies différentes. Imaginez alors, 700 spectacles en 3 petites semaines. Humainement, c'est impossible à suivre, et ça entraine des dérives assez importantes, d'ailleurs ne pensez pas qu'Avignon, c'est théâtre 365 jours par an. Ni même qu'il y a 250 salles de théâtre à l'année. Non, ça c'est juste pendant le Festival, et certains théâtres sont loin d'être très officiels... Sans parler de la source de revenus substancielle que la location de son appartement à 400€ la semaine représente pour les propriétaires avignonais qui en profitent pour partir très loin pendant cette période.

Mais venons-en enfin à Superflyer, qui lui a bien du mal à se démarquer dans cette bouillie infernale. Avignon en plein Festival, c'est aussi environ 2kg de papier colorés par jour dans vos mains si vous avez le malheur de devoir traverser dédale de costumes et de chars hurlants. Des flyers. Ou des tracts si vous préférez. En plus des affiches qui recouvrent l'ensemble des surfaces verticales de la ville, vous avez ces fameux flyers qui vous attaquent de toutes parts. Et vous avez rarement la possibilité de les esquiver. Et c'est là que Superflyer intervient. Superflyer, c'est le flyer ultime, celui qui va vous donner envie de voir l'un des 700 spectacles proposés. Il est beau, clair, concis, il vous annonce une oeuvre théâtrale passionnante et tout ça pour un prix abordable. Le problème, c'est que Superflyer est noyé dans l'océan de MoinsBonsflyers et de CarrémentMauvaisflyers, du coup, c'est un peu le Graal du Festival.

Voilà, pour finir, je vous dirais que le Festival d'Avignon s'est considérablement dégradé durant ces 15 années où j'ai pu l'observer, le portrait que je vous en ai dressé est celui d'aujourd'hui. Sachez qu'il y a encore quelques années, les compagnies ne s'étouffaient pas entre elles et l'animation dans les rues étaient un réel plaisir. Aujourd'hui, tout ne semble être que commerce, la culture et le divertissement passent au second rang, et le charme est rompu.

Le billet commençait bien mais la fin m'a laissé comme un drôle de sentiment. Déjà le "c'était mieux avant" super objectif comme propos. La confiture de mon enfance c'est la même chose. On en a de bon souvenir et quand on la regoute 15 ans plus tard elle à plus le même gout, elle a un gout ammer de souvenir et de la nostalgie.

Sur le off par contre je te trouve un peu dur. Déclarer comme cela que le off ne devrait pas exister, ça ressemble un peu à du trolling. Le in c'est 40 spectales seulement, très chers, blindés de monde et de qualité inégale. Le off c'est pas cher, ça met un ambiance folle dans les rues d'Avignon mais la qulité est bie nsur bien en dessous (les budgets sont désirsoires aussi).
Je pense même que le festivale ne serait pas aussi médiatisé si le off n'existait pas.

Peut être faut-il un peu plus réguler le off et ne pas authoriser les spectacles sauvages qui s'organisent un peu partout mais dire de façon péremptoire (synonyme de perpendiculaire) que le off a dénaturé le festivale c'est un peu gros.

Les flyers et l'affichage oui c'est lourd puisque tu ne peux pas faire 2 metres sans en avoir 4 sous le nez et le sol en est jonché mais bon c'est la rançon du succès.

Pour un premier vrai billet sur ce forum tu fais fort. Un peu long malgré tout et un peu Troll vers la fin. Je ne suis pas du jury c'est juste l'avis d'un mec qui passe.

jérôme, le 13/07/2007 à 10:50

Je n'ai pas développé sur les changements en 15 ans, mon texte étant déjà suffisemment long. Mais je ne déclare pas qu'il y a 15 ans c'était mieux, juste parce que j'en ai un vague souvenir comme de la confiture de mon enfance. C'est un constat qui n'est pas fait que par moi, et les faits sont là, le Festival s'essouffle.

Je n'ai jamais dit non plus que le OFF ne devrait pas exister, et si c'est apparu comme ça, ce n'est pas mon intention. Je donnais là encore les faits: 2kg de flyers et 700 spectacles. C'est l'implosion qui guette.

Si donner son sentiment de l'intérieur sur quelque chose que l'extérieur encense, c'est troller, en effet, je me suis trompée...

Domie, le 13/07/2007 à 10:57

"Si donner son sentiment de l'intérieur sur quelque chose que l'extérieur encense, c'est troller, en effet, je me suis trompée..."

Ohhh te vexe pas ...

C'est juste que "mon sentiment" après la lecture était que tu finissais pas dénigrer le off que tu décrivait comme un parasite qi allait tuer Avignon.

Maitenant je comprends mieux ton point de vue.

Oui l'implosion est envisageable. Peut être que ce festival va être boudé par les spécialistes et ne devenir qu'un simple festival d'art de la rue. Là en effet Avignon aura perdu son ame.

Le In et le Off doivent coexister malgré tout.

jérôme, le 13/07/2007 à 11:19

Je ne suis pas vexée mais plutôt heurtée par le terme "troll" ;)

Je dénigre le OFF dans sa forme actuelle, mais pas dans son principe. Et encore, dénigrer est un grand mot. J'ai rencontré des artistes et discuté avec des tracteurs (ceux qui donnent des tracts, pas ceux qu'on trouvent dans les champs), et ai pu par ce biais entendre parler et découvrir des spectacles qui en valaient largement plus la peine que les spectacles du IN, hors de prix et parfois très pompeux (je ne me suis pas étalée sur ce sujet là, mais je pourrais parler de l'année Jan Fabre qui a fait couler beaucoup d'encre).

Le IN et le OFF doivent coexister, c'est sûr, ce sont les fondements même du Festival d'Avignon tel qu'il est aujourd'hui, mais, à mon sens, il y a vraiment à redire sur la forme actuelle du OFF.

Maintenant, vu de l'extérieur, je comprends que le Festival d'Avignon semble être un formidable évènement où tout est merveilleux, d'ailleurs j'aimerais savoir ce que ceux qui ne sont pas d'Avignon en pensent, et si c'est seulement "nous", les avignonais avec qui je discute et moi-même, qui avons un sentiment d'étouffement et un peu de déception, aussi.

Domie, le 13/07/2007 à 11:55

on appelle cela le succès. Plus un évènement a de succès, plus il y a de monde, d'argent, de choix, de concurrence... C'est sur que ceux qui préfèrent le calme doivent aller ailleurs.

Cette surchauffe avignonaise montre qu'il y a un engouement pour le théatre, que cela reste un art populaire, même si l'art le plus populaire reste la télévision. C'est bien.

Pourquoi ne pas retransmettre certains spectacles via le web, monter des festivals plus petits, plus lointains, et en faire parler via internet. Il y aurait l'aspect populaire sans avoir l'impression étouffante de la foule.
De même pour promouvoir les spectacles pourquoi ne pas utiliser les nouvelles technologies? Pourquoi ils font tous pareil? il faut se différencier.

Des nouveaux modèles sont à inventer. Il faut pas avoir peur d'innover un peu. Tout le monde y gagnera.

Joseph, le 13/07/2007 à 14:40

Exploit hier à Avignon.
J'ai traversé la place de l'horloge sans prendre un seul flyer! ça faisait un peu corrida mais c'était sympa.
Plus serieusement, Avignon pendant le festival, c'est une sorte de marée humaine, de 10h à 1h00. C'est un peu Woodstock sur la place du Palais. Et c'est la déforestation dans les poubelles.
Aucune compagnie n'utilise la projection, le bluetooth etc. On reste dans du street-marketing (voir street-spamming) très vieux jeu! en 20 ans, ça n'a pas changé.

Olivier, le 13/07/2007 à 15:00

Quel trollage, c'est honteux.

Monsieur Dream, le 13/07/2007 à 21:25


 


Superfly je te comprends tellement...

Pas facile de choisir entre tous ces spectacles, de séduire, d'attirer l'attention du public et encore moins des professionnels, enfin d'exister tout simplement. Alors c'est la foire au fly.


Pour tenter de sortir un peu du lot à Avignon, pour se préparer à affronter l'overdose de proposition de spectacles nous avons créé un blog avec les 4 artistes que nous produiront cet été à Avignon, www.avignon-in-blog.com

Communiquer tout en divertissant, c'est le propos de ce blog.

A travers des petites vidéos nous proposons aux internautes de découvrir la préparation et les coulisses du festival d'Avignon (le off) vues par nos artistes, Vincent Roca, Frédéric Recrosio, Camille Chamoux, et enfin Raphaële Mousssafir, avec un regard humoristique et grâce à une matière première (totalement renouvelable) formidable : les travers, les petites manies et les caractères de nos artistes. Une expérience assez sympathique à laquelle ils se sont prêtés joyeusement !


 






Sylvie, le 28/05/2008 à 17:16

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