Je voterai pour Nicolas Sarkozy.
Entrepreneur depuis dix ans et après la création de quatre entreprises et quelques centaines d'emplois au coeur du Web, je n'ai jamais été particulièrement intéressé par la politique. J'avais la tête dans le guidon de l'entrepreneur. C'est mon blog qui m'a fait prendre conscience qu'à 34 ans, il était peut-être temps de m'y intéresser.
Dirigeant une entreprise de blogs dont les clients y compris politiques (Typepad héberge de nombreux blogs de militants et élus de gauche et de droite) sont de tous horizons, j'ai toujours maintenu une certaine neutralité sur mon blog. Quand on écrit tous les jours, il arrive forcément qu'on touche à des sujets plus ou moins politiques, parce que je suis comme tout le monde et que j'ai mon avis et mes coups de gueule.
On trouve dans mon blog plusieurs notes qui montrent bien quelques idées qui m'animent depuis dix ans:
-pas assez d'entrepreneurs en France et le milieu est trop souvent hostile pour eux
-je ne comprends pas comment on peut donner comme objectif à un pays de travailler moins (Tolstoï et les 35 heures, mai 2004) et je pense que les 35 heures ont eu des effets catastrophiques sur notre pays
-la France n'est pas en très bonne posture (mai 2004) quand on la voit de l'étranger
-je n'ai pas grand chose contre les grèves du moment qu'elles ne sont pas une atteinte à la liberté des autres de travailler ou se déplacer et pour mieux comprendre j'ai passé une semaine avec un syndicaliste CGT
-je déteste l'idée que la France n'aime pas le succès, cliché souvent réel: quand on échoue tout le monde se fiche de vous, quand on réussit on doit se cacher sous peine de subir les foudres de jaloux en tout genre.
En mars 2004, j'écrivais "Gauche ou droite, peu importe, même combat rien ne change" et je ne me reconnaissais dans aucun politique, puis j'ai rencontré DSK et lancé son blog, il m'a remercié au point de devoir préciser que je n'étais pas socialiste et que je ne savais pas ou j'étais. J'ai régulièrement aidé DSK et son équipe depuis autour des questions Internet et j'ai d'excellentes relations avec eux.
Intrigué par la politique et les politiques, j'en ai rencontré un certain nombre en face à face à l'occasion de podcasts, parmi les plus connus: Nicolas Sarkozy (probablement le podcast dont on a le plus parlé), Dominique Strauss-Kahn, Arnaud Montebourg (le podcast le plus animé), Jean-François Copé, François Bayrou (derrière la caméra), Jack Lang et des dizaines d'élus de gauche et de droite.
Ces podcasts et mon blog m'ont amené aussi à commenter l'actualité sur différents médias comme l'émission N'ayons pas peur des mots sur iTELE où Samuel Etienne m'a présenté comme Sarkozyste et je lui ai sincèrement répondu "non, pas du tout", à l'époque.
En Février 2006, le journaliste Claude Askolovitch m'a demandé quel était l'intérêt de ces podcasts si je n'y prenais pas moi même position. "Tu n'es pas le service public" dit-il. Il m'a fait beaucoup réfléchir et j'ai progressivement commencé à prendre de plus en plus position, conscient d'un risque éventuel pour mon entreprise. Les critiques et commentaires violents commencèrent à apparaître quelles que soient mes prises de position, puisque l'unanimité est évidemment rarissime. La conversation et l'échange de points de vue sont en revanche toujours passionnants, dommage que certains soient toujours obligés d'utiliser les insultes.
En mars 2006 j'ai pris un peu violemment position contre les étudiants dans les rues, je l'admets, c'était probablement le début d'un engagement. Je me suis exprimé en faveur de la flexibilité de l'emploi, CNE et CPE.
L'étape suivante a été naturellement de me demander si je devais mettre mes prises de position au service d'un candidat ou me contenter d'être un observateur externe. Ma rencontre avec Arnaud Montebourg a fini de me convaincre que je ne pourrai jamais être d'accord avec le socialisme: je lui ai expliqué être citoyen du monde et satisfait d'apprendre que la richesse progressait dans les pays en développement, je suis heureux que des polonais et chinois trouvent du travail et sortent de la pauvreté, un jour peut être avec moins de famine et de maladie le développement économique touchera aussi les plus pauvres comme l'Afrique. Je suis aussi triste que lui quand des emplois français sont délocalisés mais la solution n'est pas de taper sur "l'actionnaire" comme il dit, il faut que la France se concentre sur les secteurs d'avenir et non préserver son passé ou fermer ses frontières en se protégeant de l'envahisseur. Le choix d'Arnaud Montebourg comme porte parole de la campagne de Ségolène Royal n'a fait que renforcer l'impression négative que j'avais d'elle. Ceci n'empêche pas que j'ai apprécié d'être reçu par Arnaud Montebourg et que je le trouve plutôt sympathique, je suis juste opposé à ses idées.
L'homme politique qui m'a le plus impressionné lors de ces multiples rencontres est Nicolas Sarkozy. Fort de cette sympathie naissante à l'issue de notre podcast (30 minutes en tête à tête), j'ai voulu en savoir plus et me suis dit que la meilleure manière de le faire était de m'approcher un peu de son équipe en participant à des réunions avec Nicolas Sarkozy ou en donnant un coup de main à son comité Internet. Je suis le plus transparent possible mais la pression monte, avec une double demande dans les commentaires qu'il m'est impossible de satisfaire: il y a je crois un nombre à peu près équivalent de mes lecteurs qui aimeraient que je prenne position que d'autres qui souhaiteraient que je reste neutre.
Le discours de Nicolas Sarkozy et le temps que j'ai passé avec lui et son équipe à Marseille m'ont donné les arguments qui me manquaient derrière la sympathie pour l'homme pour le soutenir ouvertement et en particulier le fait qu'il souhaite une société de créateurs et d'entrepreneurs, extrait de son discours:
"Le cinquième droit nouveau que je vous propose, c’est le droit à la création.
Vous voulez être des créateurs ! Je veux vous donner les moyens de réaliser vos projets parce qu’ils portent en eux le monde de demain. Je vous propose de construire une société de créateurs et d’entrepreneurs.
Je vous propose que chaque université soit dotée d’un dispositif d’aide à la création d’entreprise.
Je vous propose que les projets à buts non lucratifs soient autant soutenus que les projets à buts lucratifs.
Je vous propose que des écoles de projets vous aident à réaliser vos ambitions.
Je vous propose de développer le micro crédit pour financer les micros projets.
Je vous propose des prêts aux jeunes créateurs à taux zéro, parce que l’intérêt c’est le prix du temps, parce qu’un taux zéro c’est un acte de foi dans l’avenir.
Malraux voulait créer partout des Maisons de la culture pour mettre la culture à la portée de chacun. Dans notre époque où c’est l’intelligence collective qui enfante l’avenir, où c’est le métissage des cultures et des idées, le mélange, le brassage qui est la principale force de création dans tous les domaines, je propose de créer partout des Maisons des créateurs où se retrouveront tous ceux qui aspirent à inventer, à créer, à entreprendre dans tous les domaines, où ils pourront trouver des soutiens, des conseils, des formations, des aides, mais aussi où ils échangeront, où ils croiseront leurs expériences, leurs idées, leurs projets, où ils formeront des projets communs, où ils inventeront ensemble l’avenir."
C'est le seul politique à ma connaissance qui le dise. Trop occupés à parler de Johnny Halliday ou Doc Gyneco, aucun média ou presque n'a repris ce passage du discours, or c'est ce qui m'a fait vibrer et plutôt que de me plaindre depuis dix ans sur le fait que la France n'est pas assez entreprenante, j'ai décidé de le soutenir. Je ne me lancerai pas ici dans une analyse plus élaborée de son discours mais j'ai été en accord avec la majorité de ses idées, j'y reviendrai.
Attendez-vous donc à ce que je prenne de plus en plus position sur mon blog et je serai ravi d'en discuter avec vous comme toujours avec près de 30 000 commentaires. Cela ne veut pas dire que je ne parlerai pas aussi de ce qui se passe ailleurs, il y a dans mon blog des centaines de mentions du PS à titre d'exemple.
C'est un risque que je prends, le risque qu'il soit élu et qu'il ne fasse rien (je vous entends déjà me le dire), le risque qu'il ne soit pas élu et que la France continue à être tirée vers le bas en se concentrant sur son passé et en gémissant sans cesse alors que le monde évolue plus vite qu'elle, le risque que vous me critiquiez violemment (c'est déjà le cas), le risque de perdre de l'audience (je m'en fous et d'ailleurs cela baigne). Il y a un risque auquel je ne crois pas c'est l'impact éventuel sur les clients de mon entreprise qui héberge de nombreux blogs de tous horizons politiques parce que je pense qu'ils sont assez intelligents pour faire la part des choses entre la solution de blogs que je pense être la plus élaborée du marché et les prises de position d'un de ses dirigeants. A propos du contenu du blog, rassurez-vous il n'y aura pas que de la politique et je continuerai à parler web et entrepreneuriat, comme avant.
Prendre des risques c'est le quotidien d'un entrepreneur, et faire confiance aux autres quand on ne peut mener un changement soi-même aussi. Bonne chance Nicolas pour construire une société de créateurs et d’entrepreneurs et à ta disposition pour t'y aider.








